‘my body is a cage’ communiqué de presse 2015

┤ my body is a cage ├ by Abbi Torrence

Show 20.11.15>16.12.15

Opening 19.11.15   18.00h

Abbi Torrence

Abbi Torrance cherche à transcrire le langage des corps, isolés ou en groupe. Elle s’intéresse surtout aux interactions sociales des attitudes, des postures, des gestes que nous réalisons inconsciemment et qui définissent notre ‘positionnement’ socio-culturel souvent malgré nous.

Le point de départ de ce travail est une réflexion sur le rapport entre structure (sociale) et ‘agency’, qui pourrait être traduit par ‘capacité d’agir’ et qui rejoint indirectement le débat sur le rapport déterminisme / liberté. La notion d’agency recouvre la capacité des individus à agir indépendamment et à choisir librement tandis que la structure se réfère aux différents facteurs sociaux qui limitent ou influencent notre choix individuel. Ce concept est aussi associé à la fois à la notion de performativité et à la conscience d’agir du sujet.

L’artiste s’intéresse aux expériences comportementales des années 60 qui nous ont appris beaucoup sur les mensonges que nous induisons face au groupe, à la collectivité ou pour justifier nos actions. Elle cherche donc à mettre en avant les traces du rapport entre inné et acquis à travers nos expressions corporelles. Nous savons bien l’influence des normes culturelles et sociales mais une influence plus invisible persiste et nous différencie.

Deleuze et Foucault nous expliquent que les sociétés occidentales nous contrôlent. Dans l’évolution vers un capitalisme tardif, le système ne nous reconnait plus en tant qu’individu mais seulement en tant que marché, data ou tendance ce qui limite davantage notre capacité de choix réel.

Abbi Torrance explore ces concepts en cherchant à déplacer l’individu, à le mettre hors contexte. Elle met en scène des groupes de personnes en leur demandant de poser dans des séquences chorégraphiées ou des interactions aléatoires tant avec l’espace qu’avec l’autre pour explorer l’interaction humaine ou l’isolement dans les systèmes plus larges de contrôle sous-jacents.

Elle repositionne les sujets sur papier millimétré, représentant ainsi l’individu hors de son contexte socio-culturel. Le corps, une fois inscrit dans une géométrie du vide, devient instrument d’expression et pose à la fois en toute subtilité les limites de notre capacité à transgresser ce contexte. Le grillage du papier millimétré symbolise sans doute le maillage complexe de ces obstructions à note liberté d’action et d’expression.

Cependant, Abbi Torrance prend aussi le contrepied de ces réflexions déterministes par le jeu. Elle demande à ses modèles de jouer avec leurs corps, avec les autres, avec l’espace. Schiller a célébré le jeu comme un facteur de médiation qui atténue la fragmentation de notre humanité en réconciliant la raison et la nature, la forme et le sens – tandis que pour Hegel, le jeu représente la forme la plus juste de liberté, non conflictuelle, de l’expression de soi, de l’harmonie et de la créativité. L’individu peut ainsi se réapproprier son corps et son pouvoir d’agir.

Abbi Torrance obtient une licence en arts à la Middlesex University de Londres en 2000, puis un master en arts au Wimbledon College of Art de Londres. Après plusieurs années passées à Londres, elle vit et travaille actuellement à Devon.

 

http://nivet-carzon.com/?p=1970